Romans Etrangers

Mercredi 6 avril 2005


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Depuis trente ans, Imogen est persuadée que son frère Johnny, un excellent nageur, n'est pas mort noyé. Elle raconte son adolescence auprès de ce frère tant aimé, le manque d'affection de leurs parents, l'arrivée du séduisant Bruno au sein de la famille. Et la lente progression du drame qui va aboutir à la disparition de son frère, et à son propre séjour dans une clinique spécialisée. Dans une vieille malle Imogen découvre aussi le journal intime de son arrière grand-mère, anéantie par la mort d'un de ses fils.

 

Sous forme d'un séduisant pêle-mêle textuel (extraits de différents journaux intimes, poèmes, lettres), l'auteur aborde les sujets les plus romanesques: l'amour, la folie, la mort, les secrets de famille, les tourments de l'adolescence. Mais ces thèmes plutôt classiques n'apparaissent jamais banals sous la plume légère et mélancolique de Jennifer Johnston. Un très joli roman porté par le personnage d'Imogen, très émouvant dans sa fragilité et sa solitude.

 

Belfond 2004, 195 pages, 18€

Par Solenn Donnio
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Mercredi 8 juin 2005

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En 1945, le jeune Daniel vit seul avec son père, libraire à Barcelone. Un soir, celui-ci le conduit au "cimetière des livres oubliés", une mystérieuse et gigantesque bibliothèque fréquentés par quelques passionnés. Daniel y choisit un livre, L'ombre du vent. Cette lecture va l'emmener dans une quête hallucinée sur les traces de son auteur, un certain Julian Carax, dont l'existence reste entourée de mystères.

 

 

 

L'ombre du vent tient tout à la fois du roman d'aventures, du récit d'apprentissage et de l'enquête surnaturelle. Fantômes, amours impossibles, secrets, scènes noyées dans la nuit et le brouillard, créent une atmosphère envoûtante. Si la subtile imbrication des différentes histoires rend la lecture parfois un peu difficile, cela reste un roman enthousiasmant.

 

 

 

Grasset 2004, 524 pages, 21.50€

 

 

Par Solenn
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Vendredi 10 juin 2005

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Dans ce roman autobiographique, Hugo Hamilton évoque son enfance dans l'Irlande des années 50-60. Entre un père nationaliste et une mère Allemande, le petit garçon peine à trouver son identité. Au sein du foyer, il est battu par son père dès qu'il prononce un mot d'anglais, tandis qu'à l'extérieur les autres enfants le traitent de nazi.
 

Sang Impur est le témoignage émouvant d'un enfant écartelé entre ses différentes origines, écrasé par la lutte vaine de son père, et par les fardeaux que portent sa mère depuis la guerre. Malgré tout Hugo Hamilton ne sombre jamais dans le misérabilisme, son regard d'enfant ne connaît pas encore la colère ou l'amertume, grâce à la présence lumineuse d'une mère aimante.


 

Phebus 2004, 279 pages, 19.50€ - PRIX FEMINA ETRANGER 2004

Par Solenn
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Dimanche 10 juillet 2005

A la fin de la première guerre mondiale, Fidelis épouse la fiancée de son meilleur ami mort au combat, avant de quitter son Allemagne natale pour les Etats-Unis et le Dakota du Nord. Avec pour tout bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses, il s'arrête dans la petite ville d'Argus, ouvre une boucherie et fonde une chorale. Quelques années plus tard, Delphine, une jeune femme originaire d'Argus, rend visite à son père alcoolique. Elle est accompagnée de Cyprian, un équilibriste homosexuel.

Cette saga passionnante court d'une guerre à l'autre, des années 20 aux années 50. Autour de deux couples aux relations ambiguës, Louise Erdrich fait vivre avec talent le quotidien d'une petite communauté américaine bigarrée, avec ses notables et ses marginaux, ses commerces ou sa chorale, ses amitiés et ses animosités, ses joies ou ses drames. Ces histoires quotidiennes qui se déroulent sur fond de grande Histoire et de conflits mondiaux forment au final une fresque captivante!

Albin Michel 2005, 480 pages, 22.50€

 


Par Solenn
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Mercredi 20 juillet 2005

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Ivan Zoshenko revient à Coal Run, sa ville natale, après seize ans d'absence. Pour les habitants du coin, il reste le grand Ivan Z., une star locale du football. Après un accident qui a stoppé net sa carrière, Ivan a fui cette région sinistrée et ses rêves brisés, et s'est réfugié dans l'alcool. S'il revient aujourd'hui, c'est que Reese, un ancien camarade d'école, doit bientôt sortir de prison: quel compte ont ils à régler?

 

Retour à Coal Run est tout autant l'histoire d'une région que celle d'Ivan. Ce coin de  Pennsylvanie est une région minière qui a sacrifié bien des hommes: Elle en a tué beaucoup, et a abandonné les autres au chômage et à l'alcool. Les personnages, violents et désespérés, sont à l'image des paysages sinistrés dans lesquels ils évoluent. Marqués par les souvenirs des coups de grisou ou de la guerre du Vietnam, ils sont à la recherche de la moindre et inestimable étincelle de bonheur. Un drame social noir et poignant, empreint cependant d'un certain classicisme qui ne réserve pas de réelle surprise. 

Belfond 2004, 355 pages, 19.80€

 

Par Solenn
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Mercredi 28 septembre 2005
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Journaliste anglaise gaffeuse et encombrante, Olivia Joules est cantonnée aux pages "tendances", quand elle rêve pourtant de grands reportages. Alors qu'elle se trouve à Miami pour le lancement d'une crème de beauté, un terrible attentat ébranle la ville. Olivia se lance alors sur les traces du séduisant Pierre Feramo, qu'elle soupçonne d'être un terroriste: est ce encore un effet de son imagination hyperactive?

Difficile de succéder à l'hilarante et désormais mythique Bridget Jones. Ce n'est pas Olivia Joules qui supplantera en tous cas la précédente héroïne d'Helen Fielding. L'intrigue est peu crédible et laborieuse, les rebondissements répétitifs... Tout repose sur les épaules d'Olivia Joules, personnage sympathique mais bien trop fragile pour porter ainsi le roman à bout de bras. Une lecture très légère, loin d'être indispensable!

Editions Albin Michel 2004, 368 pages, 19.80€


Par Solenn
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Mardi 29 novembre 2005

   Dans l'Afghanistan encore paisible des années 70, Amir et Hassan passent une enfance heureuse. Bien qu'ils appartiennent à deux castes différentes (Amir est le fils du maître Pachtoune et Hassan le fils du domestique Hazara), les deux enfants sont inséparables. Prêt à tout pour attirer l'attention d'un père méprisant, Amir tournera pourtant le dos à Hassan quand celui-ci aura le plus besoin de lui. Rongé par la culpabilité, il ne trouvera l'occasion de se racheter que bien des années plus tard…

Khaled Hosseini mêle le charme du conteur oriental à l'efficacité du romancier anglo-saxon dans ce récit initiatique aux thèmes universels, l'amitié, la loyauté et la trahison. On hésite entre compassion et agacement pour Amir, personnage ambigu, à la fois pathétique dans sa faiblesse et désarmant dans sa culpabilité.

Ce roman est aussi un formidable document sur la culture et l'histoire afghanes. L'auteur apporte un point de vue intimiste - et sans doute en grande partie autobiographique - sur ce pays vers lequel tous les regards se sont tournés au lendemain du 11 septembre 2001: Les ravages de la guerre avec les soviétiques, le régime de terreur instauré par les Talibans, mais aussi les affres de l'exil et la façon dont la communauté Afghane s'organise aux Etats-Unis. Une réussite!

Editions Belfond 2005, 383 pages, 20€
Sélection Roman du Grand Prix des lectrices de Elle 2006

Par Solenn
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Jeudi 8 décembre 2005

 Simon, un instituteur au chômage, est obsédé par son ex-petite amie, désormais mariée et mère de famille. Un jour, il enlève le fils de celle-ci à la sortie de l'école. Sept personnages touchés de près ou de loin par cet événement se passent le relais pour relater les circonstances et les conséquences de l'acte fou de Simon: Angélique, prostituée au grand cœur, Simon lui-même, qui découvre l'univers de la prison, Joseph, le trader qui raconte le naufrage de son mariage ou encore le psychiatre Alex  qui explique son attachement pour le kidnappeur.  Leurs différents points de vues composent une mosaïque de réalités, la vérité de chacun s'habillant de sa subjectivité, de ses peurs ou de quiproquos.

Je suis bien moins enthousiaste que le magazine Lire qui a classé ce roman australien dans les 20 meilleurs livres de l'année. Certes, le style est agréable, la structure complexe est parfaitement maîtrisée, la psychologie des personnages très travaillée.  L'auteur construit avec habileté 7 romans en un seul, chaque personnage nous entraînant dans son univers. Mais en dépit de qualités formelles indéniables, ce roman-fleuve m'est souvent tombé des mains! Ma patience a été vaincue par une intrigue plutôt mince, des digressions interminables et un rythme excessivement lent. Comme le souligne la quatrième de couverture, il y a une ressemblance certaine avec "Les corrections" de Franzen, que j'avais abandonné en cours de route...

Editions Robert Laffont 2005, 645 pages, 23 € (sortie poche en février 2006)
Sélection Roman Grand Prix des lectrices de Elle 2006

Par Solenn
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Mardi 14 février 2006

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Elevée dans les années 60 par des parents brillants, Hannah n'aspire qu'à une vie calme et paisible. Jeune mère de famille, elle suit son mari médecin dans une petite ville de l'Amérique profonde. Fragilisée par l'ennui et la solitude, elle fera un soir un mauvais choix qui mettra en péril son existence trop bien réglée. Ce n'est pourtant que 30 ans plus tard qu'Hannah subira vraiment les conséquences de ce faux-pas.

 

"Les charmes discrets de la vie conjugale" est le portrait d'une femme qui mettra plusieurs décennies à se trouver, qui devra affronter bien des épreuves avant de s'accomplir. Kennedy décrit bien la vie étriquée d'Hannah, la manière dont elle se laisse prendre au piège du quotidien et de la frustration. Fidèle lectrice de D.K, je suis cependant un peu déçue par ce nouvel opus. L'auteur a décidément du mal à se renouveler! Un sentiment de déjà-lu auquel s'ajoutent beaucoup de longueurs, des rebondissements prévisibles, une description simpliste et manichéenne de l'Amérique de Bush. Malgré tous ces défauts, les talents de faiseur d'histoires de Kennedy font que "Les charmes discrets…" reste pourtant un divertissement correct, une saga efficace qui se laisse lire sans déplaisir.

 

Editions Belfond 2005, 525 pages, 21€
Sélection Roman Grand Prix des Lectrices de Elle 2006

Par Solenn
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Lundi 10 avril 2006

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Vic, Rita et leur fils Michael vivent dans un faubourg de Melbourne, à la fin des années 50. Ce samedi soir, ils sont invités chez leur voisin Georges Bedser, qui fête les fiançailles de sa fille Patsy. Au cours de la promenade nocturne qui les mène à cette soirée, on découvre les difficultés de ce couple: Vic, conducteur de locomotives, est dévoré par la maladie et l'alcool. Rita, bien trop élégante pour ce quartier étriqué, et désespérée par la lente déchéance de son mari, songe à tout quitter; Michael n'a quant à lui qu'un rêve, lancer la balle de cricket parfaite, son ticket pour s'évader de cette triste banlieue.
 
Je me suis beaucoup ennuyée pendant la première moitié de ce roman, la trame très mince, le temps étiré à l'extrême (il faut près de 100 pages à Vic et Rita pour se rendre à la fameuse soirée!) et la mise en scène théâtrale rendent la lecture assez soporifique. J'ai pourtant fini par me laisser happer par cette atmosphère triste et nostalgique, par ce sentiment d'une époque qui s'achève. On s'attache à ces personnages ordinaires, à leurs vies banales, à leurs doutes et leurs failles.  "De l'art de conduire sa machine" est une longue pause dans l'existence de ces personnages, que chacun d'entre eux met à profit pour s'interroger sur sa vie de couple et sur l'amour. Tous sont à un tournant de leur vie, confrontés à un choix difficile, continuer à subir leur destin ou prendre enfin leur vie en main. S'attachant aux nuances du quotidien, Steven Carroll évoque ainsi la vie et ses tragédies en toute simplicité. Et même s'il faut du temps pour apprivoiser l'univers de ce roman, on est finalement conquis par le charme qu'il distille par petites touches.
 

Phebus 2005, 232 pages, 19€

Par Solenn
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