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Tally attend impatiemment son anniversaire : le jour de ses 16 ans, comme tous les jeunes de son âge, elle pourra subir la grande
opération qui la rendra belle, et qui lui permettra de quitter le monde des Uglies pour celui des Pretties. Les deux communautés sont bien séparées, et Tally n'aspire plus qu'à
rejoindre le plus vite possible cet univers de fête permanente où tout le monde semble si beau et si heureux. Mais quelques semaines avant l’opération, elle rencontre Shay avec qui elle se lie
d'amitié. Celle-ci lui révèle alors l’existence de La Fumée, un camp de rebelles qui ont fui la ville pour échapper à l’opération.
Scott Westerfeld nous plonge ici dans un futur glaçant, un univers aseptisé dans lequel la beauté et le bonheur sont
obligatoires, une dictature de l’apparence où l’uniformisation est la règle. Tally va progressivement ouvrir les yeux sur le monde dans lequel elle vit, découvrir comment elle a été manipulée,
mais il sera difficile pour elle de remettre en question toutes ses certitudes. Après un début un peu
mou, on se laisse embarqués dans ce récit rythmé et très visuel (courses-poursuites en planche magnétique ou sauts dans le vide grâce à des gilets de sustentation). Un premier tome
efficace et accrocheur dont la fin m’a laissé un rien frustrée, si j’avais eu le deuxième volume sous la main je l’aurais commencé de suite !
3 tomes sortis à ce jour: Tome 2: Pretties & Tome 3: Specials
Deux adolescentes, Helen et Milena, vivent avec d’autres orphelines dans un pensionnat particulièrement austère et
strict. Un soir, Helen profite d’une faveur qui leur est accordée deux fois par an en allant rendre visite à sa consoleuse, une femme chargée de lui offrir un court moment d’amour et
d’affection. Milena l’accompagne, mais la règle est claire, si elles ne rentrent pas à l'heure dite, une de leurs camarades sera enfermée au "Ciel", un cachot tristement célèbre. Sur le
chemin, les deux amies font la connaissance de deux garçons du pensionnat voisin, Milos et Bartolomeo. Quand elle sort de chez sa consoleuse quelques heures plus tard, Helen a une bien
mauvaise surprise : Milena s’est enfuie en compagnie de l'un des garçons.
Je meurs d'envie de vous en dire plus pour vous donner envie de lire ce livre, mais ce serait vraiment dommage de déflorer l'intrigue (la quatrième
de couverture en dit déjà beaucoup trop!). La fugue de Milena n'est que le point de départ d'une histoire très riche: A la fois récit initiatique et roman d’aventures
imprégné de fantastique (on y croise des hommes hybrides, à moitié chien ou cheval), ce livre ne manque pas de souffle avec des personnages forts et attachants,
une progression haletante et des rebondissements bien dosés. Le lieu et l'époque restent flous, Mourlevat construit un univers sombre et inquiétant dont
le décor fait souvent penser à une grande ville européenne du XIXe, un peu à la Dickens, mais le thème et certaines scènes s'inspirent aussi de la seconde guerre mondiale.
Un monde intemporel donc dans lequel les grands thèmes de la liberté et de la résistance se mêlent avec beaucoup de subtilité aux
préoccupations de l’adolescence. A part la toute fin du roman que j’ai trouvé un peu plate, "Le Combat d’hiver" est vraiment
un roman d’une très belle qualité, sans aucun doute l’un des meilleurs livres pour ados que j’ai pu lire récemment!
Gallimard 2006, 330 pages, 15€
Les avis enthousiastes de Flo , de
Laure, de Clochette et de Clarabel!
Et pour lire les premières pages de ce roman, cliquez ici
Paris, 1870. Les Prussiens s'apprêtent à encercler Paris, et les habitants fuient en masse vers la
province. Dans la confusion, une jeune fille de 17 ans, Blanche Paichain, est séparée de sa famille, et manque le dernier train qui quitte la capitale. La situation n'a pas que des inconvénients,
puisque Blanche est désormais libre d'aider son oncle Gaston Loiseau, commissaire de police, à résoudre une enquête sur une série d'assassinats visant des hommes portant tous le même
tatouage.Parvenue avec beaucoup de difficultés à la moitié du livre, j'ai hésité à abandonner ma lecture. L'auteur reconstitue avec minutie tous les aspects de la capitale assiégée, évoque en détails la passion pour les sciences de la jeune Blanche. A vouloir être ainsi exhaustif, le roman manque vraiment de simplicité et de fluidité. Les nombreuses descriptions, notamment des coins célèbres de Paris, sont trop présentes, trop scolaires à mon goût, et alourdissent le propos. J'ai persisté (j'ai toujours beaucoup de scrupules à abandonner un livre) et bien m'en a pris. La suite du roman adopte un rythme moins hâché et ne manque pas d'arguments: des personnages vivants et attachants, une intrigue complexe et prenante, un décor et une atmosphère envoûtants. Réconciliée avec Blanche, j'envisage même de lire la suite de ses aventures (Blanche et l'oeil du grand Khan).
Albin Michel 2005, 441 pages, 15€
Les malheurs des enfants Baudelaire commencent le jour où leurs parents meurent dans l'incendie de leur maison. Violette, Klaus et Prunille sont alors recueillis par l'énigmatique
et terrifiant Comte Olaf, prêt à tout pour faire main basse sur la fortune des trois enfants.
Ce récit atemporel est une parodie de conte qui joue avec une atmosphère sombre à la Dickens. Les jeunes lecteurs seront séduits par les multiples rebondissements qui rythment les aventures de ces trois orphelins. Le lecteur adulte, lui, trouvera sans doute les ficelles de l'histoire plutôt classiques et prévisibles… Mais il appréciera le ton original et déconcertant, le deuxième degré alimenté par les interventions farfelues de l'auteur qui ne cesse d'interpeller le lecteur. Le deuxième tome ( 11 volumes sont parus pour le moment) m'attend déjà, j'aurais donc l'occasion de vous reparler de cette série!
Editions Nathan 2002, 173 pages, 5.99€
Le site officiel de la série: http://www.orphelinsbaudelaire.com/index.html


Et si l'anorexie d'Emma n'était pas seulement due à l'indifférence de ses parents ou aux mots malheureux d'un petit ami? Une nuit, l'adolescente entend sa grand-mère d'origine polonaise prononcer deux noms inconnus, "Jacques" et "Sobibor". A la mort de cette grand-mère tant aimée, la jeune fille découvre dans ses affaires un vieux cahier qui va bouleverser sa vie: le témoignage d'un français ayant œuvré dans le camp d'extermination de Sobibor, en Pologne.
Avec une grande puissance romanesque, ce livre mêle deux sujets a priori très éloignés l'un de l'autre, l'anorexie et les camps de la seconde guerre mondiale. Jean Molla évoque le fardeau du secret de famille, le pouvoir de la mémoire et de la transmission. Un roman fort et troublant.
Editions Gallimard Jeunesse 2003, 191 pages, 9€
